dimanche 7 septembre 2008
Par Amina Talhimet,
dimanche 7 septembre 2008 à 23:22 :: Maroc
Il y a un an la politique, enfin une certaine idée que l’on pouvait se faire de la politique, rendait l’âme après une longue agonie. Voilà, l’unique constat de ce triste anniversaire qui sera vraisemblablement fêté durant quelques années encore. Dramatique ? Non, visiblement la politique ne servirait à rien au Maroc.
Aux States oui. Les conventions de Denver et Minnosota c’est beau, c’est grand…Veiller jusqu’aux aurores pour écouter les amis de Barak Obama puis de John McCain, c’est effectivement interesting surtout sur CNN…Même chose en France, en Espagne, à Londres où le départ de Ken Livingstone, surnommé Ken le rouge, a suscité de l’intérêt et où celui probable, malheureusement, de Gordon Brown sera peut-être aussi suivi que celui , plutôt certain, d’Ehud Olmert et de probables élections anticipées en Israel…
Il faut donc faire avec le « a-politique » ou le « dé-politique ». Vivre avec ce néant absurde, celui qui ressemble tellement à celui de Lucky, de Vladimir, Estragon , de Meursault…et de tous ces innombrables autres…
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mardi 19 août 2008
Par Amina Talhimet,
mardi 19 août 2008 à 21:11 :: Humeur
Triste, comme les cauchemars se confondent de plus en plus avec la réalité. A nos vies de tous les jours. Attentats qui se succèdent en Algérie, avec plus d’une quarantaine de morts rien que pour cette journée du 19 août. Horreur absolue. Un type ayant vraisemblablement une « raison » -puisqu’on finit toujours par en trouver des « raisons » dans ce monde absurde dans lequel nous vivons !- qui se fait exploser au milieu de dizaines de citoyens. Accidents de la route qui tuent des gens que vous ne connaissez pas, mais que vous finirez par connaître un jour et ne plus seulement considérer comme de simples chiffres. Puis on vous annonce par un simple sms qu’un visage connu, un chic type, est décédé. Mohamed Benyahya …mort. Je savais bien qu'il était devenu difficile d'être socialiste marocain... Je le croisais…sans jamais parler politique. C’est vrai nous sommes si peu de choses…Après un break…honteux , même pas long, juste le temps d’un 1500 m à Pékin, une chaîne d’info arabe vous apprend que vous êtes en train d’assister à un incendie qui brûle des livres et des archives dans une bâtisse construite au XIXème siècle au Caire. Et vous, vous êtes impuissant, spectateur de la laideur du monde.
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mardi 12 août 2008
Par Amina Talhimet,
mardi 12 août 2008 à 10:32 :: Maroc
1 - Indiquer le nom de la personne qui vous taggué avec un lien vers son blog
2 - Prendre le livre que l'on lit actuellement à la page 123
3 - Recopier le texte de la 5ème phrase et des 3 suivantes
4 - Indiquer année de parution, édition, titre et auteur du livre
5 - Choisir 5 autres blogueurs/blogueuses pour leur demander ce qu'ils lisent
Larbi www.larbi.org
Page 123 "Face au complot des armes, nous aurions voulu voir l'astre fondamental marquer une petite hésitation, ne serait-ce que durant une seconde, pour dire sa non-indifférence. Il est des jours où le soleil ne doit pas paraître! Nous projetions de le kidnapper, par mesure de représailles, pour lui apprendre à ne diffuser ses rayons et sa chaleur qu'avec discernement, lui commander le refus de la compromission, afin de laisser les suborneurs du peuple dans le froid et l'obscurité".
Editions Robert Laffont 1982,"Le fleuve détourné", Rachid Mimouni
Mounir http://moidanstousmesetats.blogspirit.com/
Annouss http://annouss.blogspot.com/
Reda http://hamadiblog.blogspot.com/
Al-Maghribi http://marocpluriel.hautetfort.com
Myrtus http://myrtus.typepad.com/myrtus/
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samedi 9 août 2008
Par Amina Talhimet,
samedi 9 août 2008 à 20:57 :: hommage
La voix…cette voix , la plus sublime de toutes va–t-elle vraiment s’éteindre ? Le poète va-t-il se taire à jamais ? Mahmud Darwich dans un état critique nous disait-on en début d'après midi. Puis, le rideau est tombé et vint "Mahmud Darwich est mort". Comme ça. Ce n'est pas rien d'être celui ou celle qui annonce la mort de Monsieur Mahmud Darwich....Trop bouleversant comme nouvelle.
Malade oui, il l’était depuis si longtemps. Son cœur, l’avait déjà lâché une fois. Mais Darwich avait défié la grande faucheuse. Il lui avait tenu tête. Il lui avait dit « attends, ce n’est pas fini. Viens t’asseoir et écoute-moi »…Elle s’en était allée, il y a quelques années. Avec un sourire en coin sans doute. Parce que, comme le poète, elle savait bien que la prochaine fois serait la bonne…
Purée, qu’est ce qu’il était gentil, drôle, modeste, lucide, intelligent. Un poète bon vivant qui voulait « simplement » être poète. Universel. Il était palestinien. Et il avait tout compris lui…C’est son « Ecris je suis arabe, le numéro de ma carte est… » (Identité) qui l’a rendu célèbre, mais il était un peu fatigué que l’on lui rappelle sans cesse. Ses premiers poèmes furent une sublime découverte…en français à une époque où je ne lisais pas l’arabe. Marcel Khalifa les a si bien chantés...Des années plus tard Abdellatif Laabi -le plus talentueux, drôle et lucide des poètes marocains- m’appris que c’était lui qui durant un temps avait traduit Darwich.
...Deux textes qui me rappellent le poète et cette voix capable de dérider le désert...que j'ai eu la chance de croiser...
RIEN NE ME PLAÎT
Rien ne me plaît,
dit le passager de l’autobus, ni la radio
ni les journaux du matin,
ni les fortins sur les collines.
J’ai envie de pleurer.
Le conducteur dit : Attends le prochain arrêt
et pleure seul tout ton saoul.
Une dame dit : Moi non plus. Moi non plus,
rien ne me plaît. J’ai guidé mon fils
jusqu’à ma tombe.
Elle lui a plu et il s’y est endormi
sans me dire adieu.
L’universitaire dit : Moi non plus, rien
ne me plaît. J’ai fait des études d’archéologie mais
je n’ai pas trouvé mon identité dans les pierres.
Suis-je vraiment moi ?
Un soldat dit : Moi non plus. Moi non plus,
rien ne me plaît. J’assiège sans cesse un fantôme
qui m’assiège.
Le conducteur dit, énervé : Nous approchons
notre dernière station, préparez-vous
à descendre …
Mais ils crient :
Nous voulons l’après-dernière station,
roule !
Quant à moi, je dis : Dépose-moi là. Comme eux,
rien ne me plaît,
mais je suis las de voyager.
DÉPOSE ICI ET MAINTENANT
Dépose ici et maintenant la tombe que tu portes
et donne à ta vie une autre chance
de restaurer le récit.
Toutes les amours ne sont pas trépas,
ni la terre, migration chronique.
Une occasion pourrait se présenter, tu oublieras
la brûlure du miel ancien.
Tu pourrais, sans le savoir, être amoureux
d’une jeune fille qui t’aime
ou ne t’aime pas, sans savoir pourquoi
elle t’aime ou ne t’aime pas.
Adossé à un escalier, tu pourrais
te sentir un autre dans les dualités.
Sors donc de ton moi vers un autre toi,
de tes visions vers tes pas,
et élève ton pont
car le non-lieu est le piège
et les moustiques sur la haie irritent ton dos,
qui pourraient te rappeler la vie !
Vis, que la vie t’entraîne
à la vie,
pense un peu moins aux femmes
et dépose
ici
et maintenant
la tombe que tu portes !
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mercredi 6 août 2008
Par Amina Talhimet,
mercredi 6 août 2008 à 10:03 :: interrogations
Soljenitsine est mort. L’info est déjà dépassée d’accord. Mais l’auteur du Pavillon des cancéreux, jamais lu au passage, était peut-être un bon écrivain, mais son passage de l’Est à l’Ouest à une époque où ces deux mondes là étaient divisés par un Mur qui, il est vrai, enlaidissait la place Brandenburg, me le rendait peu sympathique. J’ai toujours détesté la glorification des dissidents. Des exilés. De ceux qui l’ouvraient bien grande une fois qu’il n’y avait plus aucun risque, plus aucun enjeu pour eux. J’ai toujours été émue par les intellectuels et les militants, connus ou non, qui avaient le courage de dire ce qu’ils avaient à dire à l’intérieur de leurs sociétés.
Les Jeux olympiques, c’est après-demain l’ouverture, à Pékin. En Chine oui. Des jeux ultrapolitisés par le monde « libre ». Tout y passe, de l’entraînement inhumain des sportifs de l’empire du milieu au climat humide et ultra-pollué. De ce qu’il faut faire pour que le pouvoir chinois comprenne bien que les grandes démocraties ne sont pas contentes du tout d’être à Pékin, capitale d’un régime autoritaire que l’on ne désigne pas par « maoïste », parce que les critiques les plus virulents de l’organisation des jeux à Pékin, sont souvent, pas toujours heureusement, d’anciens maoïstes de ce monde libre.Etonnant non?
Lorsque les premières images de Radovan Karadzic, le leader serbe accusé de crimes contre l'Humanité par la Cour Pénale Internationale (CPI) ont été diffusées à la télévision, il était difficile de ne pas penser à celles diffusées cinq années auparavant de…Saddam Hussein. Barbes blanches et cheveux longs et blancs. Regards perdus. Drôle de ressemblance qui s’arrête cependant là. Car, Radovan Karadzic fut traité comme un homme. Enfin un humain. Aucun soldat n’a été fouiner dans sa bouche , ni dans sa tignasse. Lui a été arrêté puis envoyé dans un avion spécial plutôt bien fichu vers la Haye dans la cellule assez cosy qui l’attendait. Même la télé il y a droit lui. Saddam Hussein, lui, fut jeté dans une prison puis très vite pendu. Une pendaison évidemment filmée et diffusée par toutes les chaînes du monde.
Pour rester en Irak, elles sont quand même étonnantes les images de la télévision irakienne « al baghdadya ». Alors que les dépêches d’agences et les caméras (lesquelles ? Difficile à savoir) relatent quotidiennement attentats sanglants depuis cinq ans, la télé, elle nous montre un gouvernement qui se réunit régulièrement, des artistes, des expos, des jeunes chanteurs très branchés qui rêvent de devenir la nouvelle star irakienne…L’image est une arme vraiment déroutante.
UPDATE: Coup d'Etat militaire en Mauritanie dans la nuit du mardi au mercredi. Terrible pour la toute jeune démocratie Mauritanienne. Cela me conforte dans ce que j'ai toujours pensé "avancer dans la pagaille plutôt que de piétiner dans l'ordre".
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dimanche 3 août 2008
Par Amina Talhimet,
dimanche 3 août 2008 à 12:31 :: Coup de coeur
« La politique, c'est l'art de chercher les problèmes, de les trouver, de les sous-évaluer et ensuite d'appliquer de manière inadéquate les mauvais remèdes. » C’est de Groucho Marx, splendide fou furieux.
Faute de rien à la télé, faute de lecteur CD déglingué, faute de trop de soleil, c’est Pierre Desproges et ses textes de scène qui me vinrent à l’esprit ce matin. Pour la ennième fois j'ai refermé le bouquin une fois arrivée à la page "textes inédits". Puisqu’ils sont inédits et qu’il ne leur donna jamais sa voix. Trop tard. Trop malade. Décédé quelques temps après. Mais rien de bien grave puisque c’est lui-même qui disait : « Ce qui me rassure c’est que personne n’en sortira vivant »…
Petit extrait Desprogien que j’adore :
» Je suis le contraire d’un artiste engagé. Je suis un artiste dégagé. Je ne peux pas être engagé.
A part la droite, il n’y a rien au monde que je méprise autant que la gauche. Et d’abord quelle gauche ? La gauche gluante d’humanisme sirupeux des eunuques à la rose ?
Quelle droite ? La droite des fumiers où la rose est éclose ?Quelle gauche ? la gauche des cocos ? (…)
Dégagé oui, indifférent non. Les injustices sociales me révoltent. Ne changera-t-on donc jamais, du verbe « changer » que suit un trait d’union précédant le démonstratif « ce » ?
Pourtant les aspirations des pauvres ne sont pas très éloignées des réalités des riches. Les riches, au fond ne sont jamais qu’une minorité de pauvres qui ont réussi. Les riches forment une grande famille, un peu fermée certes, mais les pauvres, pour peu qu’on les y pousse, ne demanderaient pas mieux que d’en faire partie (…)
La solution? Elle est simple : il suffit de prendre aux riches pour donner aux pauvres. Et vice versa.. En temps de paix par exemple les riches auront le droit de prendre la sueur au front des pauvres. Et en temps de guerre, les pauvres auront le droit de prendre la place des riches. Au front également.
Il me semble qu’avec mes idées généreuses, je ferais un excellent président de la République.
J’ai dit à ma femme : »Tu ne trouves pas que j’ai l’étoffe d’un chef d’Etat ? Et puis j’ai le bras long…
Elle m’a dit : »si tu as l’étoffe et le bras long, tu coupes les manches, ça te fera un petit boléro. »
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dimanche 27 juillet 2008
Par Amina Talhimet,
dimanche 27 juillet 2008 à 10:58 :: Coup de coeur
L'homme du Destin est mort ce matin. Il n'est finalement jamais sorti de son coma. Words can't express, alors...
"Que les avions qui hurlent au dehors,
Dessinent dans le ciel ces trois mots, Il Est Mort"(W.H Auden)
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dimanche 13 juillet 2008
Par Amina Talhimet,
dimanche 13 juillet 2008 à 13:52 :: Coup de coeur
Je n’aime pas le régionalisme, mais Oujda, ma ville natale, j’adore. Non pas parce que c’est une ville millénaire ( on l’oublie un peu trop souvent je trouve ), non pas parce que Omar Benjelloun y a étudié (le président Bouteflika y a fait ses études primaires aussi…à Sidi Ziane), non pas parce que Mandela s’y est arrêté avant de rentrer chez lui pour y être jeté en prison par le régime Apartheid, à Robben Island durant presque 30 ans,…Non, enfin si un peu quand même aussi pour tout ça. Mais ce que j’aime pardessus tout c’est l’atmosphère de cette ville.
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mercredi 2 juillet 2008
Par Amina Talhimet,
mercredi 2 juillet 2008 à 21:00 :: monde
Ingrid Betancourt est libre. Enlevée il y a plus de six ans par le mouvement terroriste des FARC (marxiste) Ingrid Betancourt, militante écolo franco-colombienne, a été liberée par l'armée colombienne. Génial, voilà au moins une "histoire" d'otages qui se termine bien.
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dimanche 29 juin 2008
Par Amina Talhimet,
dimanche 29 juin 2008 à 10:09 :: Maroc
Un port de pêche (Sidi Ifni) a été occupé pendant plus d’une semaine par des citoyens. Ils avaient des revendications, enfin une : ils voulaient que tout le monde puisse obtenir un travail décent. Trois d'entre eux avaient été reçus dans un concours, mais ce n'était pas suffisant, tous voulaient un travail. Pour ce faire ils ont durant plusieurs jours empêchés des pêcheurs, leurs semblables dans les faits, de vendre une quantité importante de poisson (environ 800 tonnes) afin de subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles.
Le travail c’est la dignité. Dans le monde d’aujourd’hui, la prise d’otage et le rejet du dialogue sont peu à peu en train de devenir une « arme » pour obtenir gain de cause. L’intervention des forces de l’ordre fut ce qu’elle fut. Plus violente que d’habitude parce que les manifestants ont réagi avec une certaine violence aussi. Parmi les 44 blessés, près de la moitié sont des policiers.
Alors que les policiers ont usé de matraques, leur outil de travail dans ce genre de cas, les manifestants, les plus en phase avec les nouvelles technologies ont utilisé leurs téléphones portables et internet. Ils se sont donné le rôle de victimes, puisque c’est eux qui contrôlaient l’image. Leurs images ont fait le tour du monde. Elles ont provoqué des manifestations dans certaines capitales européennes, parce qu’effectivement cauchemardesques.
Il y était question de viols, de saccages de maison, et peut-être même de sang. Mais sur ce dernier point, il n’existe aucune preuve de décès. Les ONG que ce soit ATTAC, la FIDH, ou l’AMDH ont réfuté l’existence de mort(s).
La première dans cette affaire, c’est que « l’information » est d’abord venue des images filmées par les manifestants. Ils étaient les héros de ce film d’horreur, ceux qui dévoilaient "l’effroyable" visage de l’autorité, appellé à tort et à travers Makhzen au Maroc. A aucun moment il n’y eut volonté d’équilibre, à savoir, filmer des manifestants à terre mais aussi des policiers à terre. Les images étaient à l’état brut, sans aucune explication, sans prise de distance, elle n’avaient , en réalité, rien à envier à la propagande des télévisions officielles.
Elles rappelaient, un peu le fameux slogan de Randoplh Hearst qui à la fin du XIXème siècle dans l’affaire du Maine lançait à ses journalistes: « fournissez moi des images, je vous fournirai la guerre ».
Les nouveaux médias ont effectivement démocratisé l’image, les victimes ont une voix. Mais cette nouvelle forme de propagande est à double tranchant : elle peut faire évoluer la société, rappeler à l’Autorité que tout ne doit pas être permis, mais elle peut aussi déformer les faits en faisant passer sa vérité, celle de ses images et de ses slogans, comme infaillibles.
Ce que je souhaite pour ma part c'est que la libéralisation du Paysage audiovisuel donnera au moins naissance à une émission genre "Arrêtes sur images" à la Daniel Schneiderman, bien meilleure il faut le dire que le "Revu et corrigé" de Paul Amar.
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jeudi 19 juin 2008
Par Amina Talhimet,
jeudi 19 juin 2008 à 09:19 :: Maroc
L’Union socialiste des forces populaires (USFP) nous aura livré une bien piètre image de la politique le week end dernier lors de son VIIIème congrès. De ce qu’est devenue la politique au Maroc. On ne se chamaille plus pour des valeurs, au nom des idées, de ce que peut encore faire la gauche dans une société inégalitaire, politiquement sous-développée, mais pour se frayer une place au gouvernement ou ailleurs. Dans le but d’être parachuté là où l’argent coule à flots.
Des gens se sont étripés, se sont crêpés les chignons au nom de rien. Pour justifier l’horreur politique à laquelle l’on a assisté ils se sont une nouvelle fois créé un ennemi de l’extérieur. Un grand méchant loup né pour détruire un parti socialiste marocain « jalousé par tous les socialistes du monde » !
Comment expliquer à cet immense parti que le passé c’est le passé. Que les nouvelles générations de marocains, celles qui ont au moins 25 ans aujourd’hui n’ont connu que ce parti au pouvoir. Qu’ils ne peuvent plus jouer la carte de l’oppression passée, de la censure, de l’opposition au pouvoir central.
Terrible et incompréhensible que ce gâchis. Une société moderne ne peut fonctionner sans partis politiques sérieux. On aura beau dire, beau faire, les ong ne feront jamais une nation démocratique.
Le drame du Maroc aujourd’hui, n’est pas celui des ong qui font leur boulot comme elles le sentent, bien ou mal, là n’est pas la question, mais celui des partis politiques. Plus particulièrement d’un parti socialiste qui refuse de se remettre en question, de s’adapter à une société déprimée pour qui même le soyons réalistes rêvons le « possible » est devenu inaccessible.
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lundi 16 juin 2008
Par Amina Talhimet,
lundi 16 juin 2008 à 11:21 :: Maroc
Youssef Chahine dans le coma, moins d’un mois après la mort de Sydney Pollack et de Dino Risi, c’est désespérant.
Terrible ce coma du plus grand et du plus touchant des cinéastes égyptiens. Le little big man d’Alexandrie nous aura offert de merveilleux moments de très grand cinéma. De son déchirant « Moineau » à sa « gare Centrale », de son »Emigré » a sa « Terre », de son inoubliable « Destin » à ce magnifique « Autre », il restera l’un de ces rares très grands cinéastes qui nous auront tant fait aimer le 7ème Art.
J’espère que le pays « d’Adieu Bonaparte » sauvera le génial auteur du « Destin »…
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mardi 10 juin 2008
Par Amina Talhimet,
mardi 10 juin 2008 à 11:56 :: Maroc
Il est curieux ce rapport que nous avons à la politique. Les partis, on n’aime pas. Le suffrage universel on trouve ça fascinant…ailleurs. Parce que voter, élire des gens qui nous ressemblent et les accréditer pour nous représenter, ce n’est pas trop notre truc. On n’y croit pas.
Car au fond le pouvoir, le seul pouvoir qui compte, c’est celui de l’argent. Du coup les riches ne votent pas, parce que voter c’est partager. Les pauvres ne votent pas, car il y a risque qu’ils fassent gagner la loterie au voisin, à ce semblable qui leur ressemble tant.
Puis comme les élections se font de toutes les façons, que dans tous les cas des personnes sont quand même élues avec quota « populaire », « riche », « genre », « région » etc…et qu’on est « forcé » de les « supporter" pendant au moins un mandat…on s’énerve parce qu’on réalise que la vie de la Cité est quand même gérée par des gens qui nous ressemblent.
C’est triste. Peut-être pas. Mais, à force de dire non à tout va à la politique, on risque de perdre toute légitimité et finir par être des « Non ».
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dimanche 1 juin 2008
Par Amina Talhimet,
dimanche 1 juin 2008 à 10:57 :: Maroc
L’autre jour en parcourant un article racontant l’incroyable succès populaire du festival Mawazine de Rabat, je me suis dit, oui, le Maroc, c’est vraiment ça. Des dizaines de milliers de marocains ont envahi les rues de la capitale. Ils ont chanté, dansé, rigolé, se sont disputé sans doute un peu aussi, plaint d’une certaine pagaille ici ou là, mais après ils sont rentrés chez eux. Parfois heureux. D’autres fois déçus. D’autres fois encore pas contents du tout que tant d’argent soit dépensé pour un festival alors que la société a du mal à s’en sortir.
Oui, le prix du baril de pétrole. Les problèmes de pouvoir d’achat. Les coupures d’électricité prévues cet été. Ces salaires qui stagnent…En colère oui. Beaucoup de marocains le sont parce que la vie est dure. Mais, et c’est là où cela devient passionnant, passionnément marocain, la colère passe. Comme la caravane…Si on peut s’amuser, se réunir autour d’un spectacle, oublier la dureté de la vie pendant quelques jours autant en profiter. Joyeusement.
Le Maroc c’est cela aussi. Surtout. La violence, les gens n’aiment pas trop ça. Un festival c’est fait pour se divertir et les marocains se divertissent tout en râlant bien sûr. Que l’on aime ou pas les festivals, ils sont une preuve incontestable de la maturité de notre société.
Que ce soit à Rabat, Fes, Dakhla, Tan-tan , Essaouira , Tanger , Saïdia, Sefrou, ces rencontres massives, pour le coup vraiment spectaculaires, entre marocains , toutes classes sociales confondues, en plein air, dans les rues du pays, sont une preuve que le Maroc est une vraie grande Nation où le rêve est effectivement encore possible.
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samedi 31 mai 2008
Par Amina Talhimet,
samedi 31 mai 2008 à 11:31 :: interrogations
Le monde est mon métier. C’est le titre d’un bouquin. Un livre-entretien entre deux journalistes qui racontent leur traversée d’un monde qui n’est plus : celui de la décolonisation pour l’un et de la fin d’un certain communisme pour l’autre. Intéressant. Mais je dois avouer que si je l’ai lu ce n’est pas pour les très respectables journalistes Jean Lacouture et Bernard Guetta, mais pour le titre.
J’aurai aimé y penser à ce titre. Il me parle. Il est la réalité de tous ceux qui ont le privilège de vivre le monde dans leur quotidien. De l’aimer, de lui accorder du temps, de l’excuser pour ses retards, ses imperfections, sa puissance, ses faiblesses, ses folies…
Ne pas juger, mais observer. Ne pas condamner, mais tenter de comprendre. S’inquiéter sans désespérer. Etre subjectif, sans avoir le sentiment de tricher. Ecouter son cœur sans jamais oublier sa raison… Etre révolté sans violence. Mettre le couteau dans la plaie non pas pour tuer, mais alerter.
Avoir le monde pour métier …Cela peut sembler vague. Arrogant et naïf à la fois. Mais n’est ce pas quelque part le métier de tout citoyen du monde ?...
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